Suppression de programmes à La Cité : la communauté se mobilise
Il pleuvait, mais la température n’allait pas refroidir les ardeurs de Samuel Pilon. L’étudiant franco-ontarien tenait à dénoncer la décision du collège La Cité de supprimer neuf programmes en vue de la prochaine rentrée à l’automne. Le jeune homme de Saint-Pascal-Baylon, qui termine sa 12e année à l’école secondaire de Plantagenet, faisait partie de plusieurs intervenants communautaires et syndicaux qui ont lancé un Sur place, des bougies ont été déposées près d'un drapeau franco-ontarien pour illustrer le sentiment de deuil par les différents groupes et acteurs mobilisés. Ils demandent une rencontre avec la présidente-directrice générale de l’établissement d’enseignement postsecondaire francophone, Lynn Casimiro. Ces intervenants espèrent que la haute dirigeante et son équipe feront marche arrière. D’ici là, ils comptent attirer l’attention sur des compressions qui Samuel Pilon est un étudiant de 12e année à l'école secondaire de Plantagenet. Photo : Gracieuseté de Samuel Pilon Mais le mois dernier, il a reçu un courriel lui annonçant que ce programme était suspendu à La Cité. De son propre aveu, il a dû rapidement trouver Samuel Pilon, 17 ans, n’était pas le seul futur étudiant sur place. Marie-Claude Bisson a aussi pris la parole en tant que présidente de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne, qui représente Plusieurs regroupements communautaires étaient aussi présents, dont l’Association pour l’intégration sociale d’Ottawa. Ce sont 140 de ses 160 employés qui sont des diplômés de La Cité, selon sa directrice générale Patricia Dostie. Mme Dostie indique que plus de 25 agences offrant des services aux personnes à Ottawa et en Outaouais embauchent des diplômés des programmes Intervention auprès de personnes ayant un handicap (IPH) et de Techniques d’éducation spécialisée. C’est sans compter les conseils scolaires, dit-elle, de même que des organismes communautaires. La directrice générale de l'Association pour l'intégration sociale d'Ottawa Patricia Dostie. Photo : Capture d'écran Radio-Canada Patricia Dostie craint que la disparition du programme IPH et de Techniques d’éducation spécialisée ait des Une rencontre avec la présidente-directrice générale de La Cité pourrait permettre, espère-t-elle, Cette sortie publique survient au lendemain de l'entrevue accordée par Lynn Casimiro au sujet de la suppression de plusieurs programmes. La première dirigeante a justifié ces décisions par la volonté de l’établissement d’être La disparition de neuf programmes va mener à des mises à pied. La Cité mentionne que 50 postes dont 16 en enseignement, incluant les postes non comblés, seront abolis. Au sujet d'un surplus 25 millions $, Mme Casimiro a expliqué qu’il était planifié et déjà affecté à des projets prioritaires pour le collège, citant des travaux au sein de la ventilation et de la climatisation de l'établissement ainsi que la modernisation du système informatique. Lynn Casimiro a succédé à Lise Bourgeois à la tête de La Cité en juillet 2024. (Photo d'archives) Photo : Gracieuseté collège La Cité Le syndicat du personnel scolaire du collège La Cité affilié au Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario (SEFPO) s’est dit surpris des M. Lacaille promet que les syndicats ne lâcheront pas le morceau. Une plainte sera déposée sous peu à la Commission des relations de travail de l’Ontario, a-t-il dit. cri d’alarme
durant une conférence de presse, jeudi matin, à Ottawa. auront des répercussions sur les générations à venir
, plaide la vice-présidente exécutive régionale de l’Alliance de la fonctionne publique du Canada (AFPC) dans la région de la capitale nationale Ruth Lau MacDonald.Fermer neuf programmes d’un coup, c’est brûler un avenir prometteur pour nous les Franco-Ontariens
, ajoute pour sa part Samuel Pilon, dont la candidature avait été acceptée en janvier en production télévisuelle.
un plan B
.Deux options s’offraient à moi. Partir au Québec ou rester ici en anglais. J’ai choisi d’aller étudier au Collège Algonquin en anglais parce que pour moi, c’est important de rester dans ma région. C’est un bon programme, mais ça ne sera pas pareil. Ça ne sera pas dans ma langue maternelle
, se désole-t-il.Je parle bien l’anglais, mais ça serait renoncer à ce qu’on s’est battu et dire que c’est acceptable ce qui se passe en ce moment.
les jeunes de la 9e à la 12e année
.Les jeunes ont hâte d’arriver au postsecondaire. Ces coupures les éloignent de leurs rêves
, fait-elle valoir.Des employeurs
délaissés
, soutient une association La grande majorité provient du programme Intervention auprès des personnes ayant un handicap
, note-t-elle.Nous représentons des milliers de personnes déficientes intellectuelles sans voix aujourd’hui
, ajoute-t-elle, notant que les employeurs du secteur ont été les meilleurs alliés
de La Cité depuis sa création en 1989.Soudainement, les employeurs ont été délaissés… oubliés. Ils n’ont pas été consultés.

conséquences sérieuses sur la qualité de service
. Elle parle aussi d’un recul possible de 40 ans en arrière
pour des étudiants qui ne pourront pas étudier en français dans leur champ d’expertise ciblé.La communauté francophone s’est démarquée par sa ténacité et sa persévérance pour l’épanouissement de son collège francophone. Nous ne pouvons pas, comme employeur, baisser les bras et laisser le train passer.
d’ouvrir un dialogue et d’entamer une consultation avec nous et la recherche de solutions
. Mme Dostie rappelle que le développement du collège francophone est l’affaire de la communauté et aussi des personnes en situation de handicap
.Le syndicat réagit aux propos de la PDG de La Cité
proactif
face aux effets anticipés de la diminution des étudiants internationaux lors des prochaines années.Le statu quo n’est pas une option. Si le collège ne prend pas les mesures qu’on prend en ce moment, il va y avoir plus de coupures plus tard
, a soutenu Mme Casimiro en entrevue mercredi à Radio-Canada.
propos
formulés dans les dernières heures. Il y a plusieurs choses que le collège a dites qui ne reflète pas la réalité
, avance le professeur et président de la section locale, David Lacaille.Je ne comprends pas comment un collège peut se réfugier derrière des informations qui sont inexactes pour justifier l’injustifiable
, ajoute-t-il.Mais on a besoin que la communauté francophone se mobilise
, lance-t-il. Si elle indique clairement que c’est inacceptable, qu’elle ne va pas tolérer ça, le collège La Cité n’aura pas le choix de revoir ses pratiques.
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